Présentation fonds Première Guerre mondiale

89 142 clichés et 2 067 titres de films.
1915-1919.
Images fixes consultables sur poste informatique : 86,76 %.
Images animées consultables sur poste informatique : 91,68 %.

La collection sur la première guerre mondiale conservée par l’ECPAD est issue du travail de prises de vues effectué par la section photographique de l’armée (SPA) et la section cinématographique de l’armée (SCA). Actifs à partir du printemps 1915, les opérateurs de l’armée française couvrent l’ensemble des théâtres d’opérations, du front de l’ouest aux confins de l’Orient, témoignant ainsi des grandes batailles et des activités civiles menées à l’arrière du front.

          Créées respectivement en février et avril 1915, la SCA et la SPA se voient assigner plusieurs objectifs : combattre la propagande allemande par l’image, contribuer aux ralliements des nations demeurées neutres et constituer un témoignage visuel sur la guerre et ses dévastations. Les ministères de la guerre, des affaires étrangères et de l’instruction publique et des beaux-arts s’associent pour réunir les moyens humains et matériels nécessaires à leur mise en place.

          La SCA et la SPA fusionnent en janvier 1917 pour devenir la section photographique et cinématographique de l’armée (SPCA), basée rue de Valois à Paris. Elle compte dans ses rangs une centaine d’hommes et de femmes réunis sous le commandement du sous-lieutenant Pierre-Marcel Lévi, ancien chef de la SPA et dispose des laboratoires nécessaires à la diffusion massive des images.

          En août 1918, la SPCA devient le service photographique et cinématographique de guerre (SPCG) et connaît une série de restructurations qui voient la dispersion de ses archives à partir du 10 septembre 1919. Connus sous le nom de « fonds Valois », les films et les photos sont gérés par le sous-secrétariat aux beaux-arts via la société privée « des archives d’art et d’histoire ».

          Au cours de l’entre-deux-guerres, une section cinématographique rattachée au service géographique de l’armée, commandée à partir de 1926 par le capitaine puis commandant Calvet et dont la mission est de réaliser des films d’instruction, prépare le contretypage des films produits par les SCA-SPA-SPCA-SPCG. Ces collections reconstituées et épargnées par le second conflit mondial rejoignent la cinémathèque du fort d’Ivry à partir de 1949. En 1973, la collection des photographies sur plaques de verre intègre le département des archives.

          Conservée sur plaques de verre de différents formats (référence SPA), la partie photographique du fonds témoigne des combats menés par les troupes françaises, coloniales et alliées sur terre, dans les airs et sur les mers. Les opérations sur le front occidental, de la mer du Nord à la frontière suisse, et sur le front d’Orient ont été couvertes par les opérateurs militaires français. Les grandes batailles de la guerre, Verdun et la Somme en 1916, le chemin des Dames en 1917 et les grandes offensives de 1918, y trouvent des échos particuliers. Les moyens militaires mis en oeuvre par chaque pays belligérant à travers le développement de l’artillerie, de l’aviation et des chars sont dévoilés. Les personnalités de la guerre sont mises à l’honneur, au même titre que les efforts des populations civiles, mobilisées dans l’agriculture ou l’industrie.

          La collection cinématographique, sur pellicule 35 mm en nitrate de cellulose (référence 14.18), est jusqu’en janvier 1917 élaborée pour les besoins des maisons cinématographiques (Éclair, Éclipse, Gaumont, Pathé) qui en diffusent le contenu dans leurs salles. L’ECPAD conserve également les épreuves de tournages, ainsi que des journaux d’actualités hebdomadaires intitulés les Annales de la guerre, réalisés à partir de 1917 et diffusés par le ministère de la guerre.

          Une collection de films spécialement édités pour le service de santé des armées (référence SS) témoigne, quant à elle, des avancées des sciences médicales au profit des soins aux combattants. Un autre ensemble, édité en collaboration avec la direction des inventions (l’ancêtre du CNRS), atteste des débuts de l’enseignement par l’image en matière militaire.