• Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Dégâts causés au bordj de Biskra à la suite d’une attaque de rebelles menée le 1er novembre 1954. Pendant l’attaque, le transformateur électrique est détruit, le poste de police est occupé et les agents sont désarmés mais les rebelles ne réussissent pas à pénétrer dans la caserne. Le commandant de la place, le lieutenant Darnault, et un autre militaire sont tués. Ce reportage, le seul évoquant les conséquences des attaques du 1er novembre 1954, montre assez peu les dégâts causés par les attentats.
    • Date : Novembre 1954
    • Lieu : Biskra (Algérie)
    • Photographe : inconnu
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-54-65-R1
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Arrivée de parachutistes à Alger en présence de l’amiral Salat et du général Cherrière, commandant interarmées en Algérie. Ces unités sont destinées à renforcer la présence militaire dans les Aurès et défilent ici à l’occasion des commémorations du 11 novembre 1918.
    • Date : 11 novembre 1954
    • Lieu : Alger (Algérie)
    • Photographe : inconnu
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-54-66-R08
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Le général Cherrière, alors commandant interarmées en Algérie, remet des décorations à l’occasion des commémorations du 11 novembre 1918. Il vient de recevoir des renforts d’unités de parachutistes et de tabors et s’apprête à lancer de vastes opérations de ratissage pour tenter d’endiguer l’insurrection naissante.
    • Date : 11 novembre 1954
    • Lieu : Alger (Algérie)
    • Photographe : inconnu
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-54-66-R2
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Fouille d’un prisonnier algérien par des hommes du 9e régiment de zouaves (RZ) en Kabylie au cours d’une opération de ratissage lancée suite à une embuscade du Front de libération nationale (FLN) en novembre 1954 contre un entrepreneur français et une centaine d’habitants se rendant au marché de Tizi-Ouzou. Lors de l’opération, plusieurs hommes sont abattus et deux autres sont faits prisonniers.
    • Date : Entre le 20 et le 22 décembre 1954
    • Lieu : Kabylie (Algérie)
    • Photographe : Jacques Fatio
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-54-74-R20
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Les hommes du 9e RZ posent avec un prisonnier algérien capturé lors d’une opération de ratissage lancée en Kabylie à la suite à une embuscade du FLN contre un entrepreneur français et une centaine d’habitants se rendant au marché de Tizi-Ouzou en novembre 1954. Au cours de l’opération, plusieurs hommes sont abattus et deux autres sont faits prisonniers.
    • Date : Entre le 20 et le 22 décembre 1954
    • Lieu : Kabylie (Algérie)
    • Photographe : Jacques Fatio
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-54-74-R16
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Dans l’Aurès, le 1er bataillon de tirailleurs algériens (BTA) effectue une mission de ratissage afin de ramener le calme dans le secteur. Quelques jours auparavant, le bataillon a été victime dans les Nemenchas d’un accrochage faisant quatre morts et deux disparus. Des suspects sont interpelés par le 1er BTA, dont cet homme interrogé par un soldat.
    • Date : Entre le 20 et le 29 avril 1955
    • Lieu : Foum-Toub (Aurès, Algérie)
    • Photographe : Claude Cuny
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-55-26-R4
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Des hommes du 2e bataillon d’infanterie coloniale (BIC) en cheminement lors d’une opération en Kabylie dans le secteur de Tigzirt.
    • Date : Fin de mai 1955
    • Lieu : Tigzirt (Kabylie, Algérie)
    • Photographe : inconnu
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-55-28-R4
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Un officier du 2e BIC et son opérateur radio lors d’une opération en Kabylie dans le secteur de Tigzirt.
    • Date : Fin de mai 1955
    • Lieu : Tigzirt (Kabylie, Algérie)
    • Photographe : inconnu
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-55-28-R5
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Six hélicoptères Sikorsky S55 cédés par les États-Unis à la France arrivent à la base de Boufarik.
    • Date : 20 juillet 1955
    • Lieu : Boufarik (Algérie)
    • Photographe : inconnu
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-55-41-R2
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Le bataillon de marche de la Légion étrangère (BMLE) en patrouille dans le secteur de Tighanimine a été pris dans une embuscade dans le djebel Zellatou et attend des renforts. Un soldat blessé, un bandage autour du torse, est allongé sur un sentier escarpé du massif aurésien. Deux légionnaires se tiennent à ses côtés pendant que d’autres, postés, observent le terrain.
    • Date : Entre le 8 août et le 2 septembre 1955
    • Lieu : Tighanimine (djebel Zellatou, Algérie)
    • Photographe : Claude Cuny ou Bernard Pascucci
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-55-47-R69
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Patrouille d’automitrailleuses M8 du 9e régiment de chasseurs d’Afrique (RCA) dans les gorges d’El Kantara dans la région de Biskra.
    • Date : 14 août 1955
    • Lieu : gorges d’El Kantara (Algérie)
    • Photographe : Bernard Pascucci
    • Origine : SCA
    • Référence : F-55-142-R8
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Le 9e RCA, en opération sur la piste Biskra-Khanga Sidi Nadji, tente de barrer l’avancée de rebelles qui se dirigeraient du département des Oasis vers les Aurès. Les chasseurs sont équipés de half-tracks, de jeeps Willys, de blindés M8 et de camions GMC 6x6. Les opérations menées au début de la guerre utilisaient d’imposants moyens humains et matériels.
    • Date : 14 août 1955
    • Lieu : Zeribet el Oued (Algérie)
    • Photographe : Bernard Pascucci
    • Origine : SCA
    • Référence : F-55-143-R15
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Opération de « nettoyage » dans le massif d’El Mhader avec des éléments du 3e bataillon étranger parachutiste (BEP). Les soldats fouillent les grottes du massif et prennent position sur les hauteurs.
    • Date : 23 août 1955
    • Lieu : El Mhader (Algérie)
    • Photographe : Bernard Pascucci
    • Origine : SCA
    • Référence : F-55-156-R5
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Arrivée de Jacques Soustelle à Alger en tant que nouveau gouverneur général de l’Algérie. Il ranime ici la flamme du souvenir au monument aux morts d’Alger.
    • Date : Février 1955
    • Lieu : Alger (Algérie)
    • Photographe : inconnu
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-55-12-R6
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Prise de commandement du général Lorillot qui devient commandant interarmées en Algérie, à la tête de la Xe région militaire. Il remplace le général Cherrière et oriente l’effort militaire dans deux directions : le renseignement et l’adaptation des troupes au terrain algérien.
    • Date : 5 juillet 1955
    • Lieu : Alger (Algérie)
    • Photographe : inconnu
    • Origine : SCA
    • Référence : ALG-55-37-R1
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      . Jacques Soustelle, gouverneur général de l’Algérie, effectue un voyage d’inspection dans les Aurès. Il est accompagné d’une délégation pour visiter des villages et rencontrer des notables locaux. Il rencontre ici les autorités locales de la mine d’Ichmoul.
    • Date : 16 août 1955
    • Lieu : : Ichmoul (Algérie)
    • Photographe : Bernard Pascucci
    • Origine : SCA
    • Référence : F 55-148 R15
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Goumiers en armes du 10e tabor pendant une cérémonie. L’unité est installée à Tiffelfel dans les Aurès. Depuis les attaques rebelles de novembre 1954, la région est en partie surveillée par ce contingent militaire encadré par des officiers français.
    • Date : 28 août 1955
    • Lieu : Tiffelfel (Algérie)
    • Photographe : Bernard Pascucci
    • Origine : SCA
    • Référence : F-55-167-RC1
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Progression des hommes du commando Poupard du 2e bataillon du 3e REI, lors d’une opération de détection dans la vallée d’El Hara.
    • Date : Entre le 1er et le 3 septembre 1955
    • Lieu : El Hara (Algérie)
    • Photographe : inconnu
    • Origine : SCA
    • Référence : F-55-171-R8
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Le commando Poupard du 2e bataillon du 3e REI en embuscade à Kramandga dans le djebel Zellatou. L’armée française commence alors à s’adapter aux exigences de la contre-guérilla dans le territoire algérien.
    • Date : 2 septembre 1955
    • Lieu : Kramandga (djebel Zellatou, Algérie)
    • Photographe : Bernard Pascucci
    • Origine : SCA
    • Référence : F-55-170-R3
    • Les débuts de la guerre d’Algérie (1954-1955)
      Légionnaires du 3e régiment étranger d’infanterie (REI) en cheminement dans la mechta de Chennouara lors d’une opération dans le djebel Zellatou situé dans les Aurès.
    • Date : 6 septembre 1955
    • Lieu : Chennouara (djebel Zellatou, Aurès, Algérie)
    • Photographe : Bernard Pascucci
    • Origine : SCA
    • Référence : F-55-175-R4

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, environ soixante-dix[1] attentats éclatent sur une trentaine de points du territoire algérien. Le bilan s’élève à huit morts, quatre blessés et d’importants dégâts matériels. Le monde apprend la naissance du Front de libération nationale (FLN) par un communiqué prenant la forme de tracts lâchés çà et là. Si la surprise est totale dans l’opinion, elle l’est moins chez les responsables français en Algérie qui avaient connaissance depuis plusieurs mois de la présence de bandes armées dans le Constantinois et dans les Aurès[2].

Le programme du FLN consiste principalement à revendiquer la souveraineté de l’État algérien ainsi qu’à internationaliser sa cause. La nouvelle organisation se dote d’une branche armée, l’Armée de libération nationale (ALN), et divise l’Algérie en six zones, les « wilayas ». Bien que le FLN aborde la lutte avec des forces réduites, il profite de l’insuffisance des effectifs et de l’équipement militaire français, à la suite des ponctions opérées pour la guerre d’Indochine[3] et les opérations de maintien de l’ordre en Tunisie et au Maroc[4]. Les suites immédiates de l’insurrection voient un calme relatif revenir, aucune opération FLN d’envergure ne venant troubler l’ordre public en dehors d’actes de malveillance. Ainsi, il n’y a pas un seul civil tué en Algérie par les rebelles entre décembre 1954 et avril 1955[5]. Côté français, de nombreuses arrestations sont effectuées par la police tant en Algérie qu’en métropole. Le général Cherrière, commandant interarmées en Algérie, déclenche rapidement et à plusieurs reprises de vastes opérations de ratissage avec les renforts qu’il vient de recevoir mais, usant d’un matériel lourd et inadapté, ces raids restent dépendants des axes routiers.

Une réponse politique et militaire à l’insurrection est rapidement tentée. En février 1955, Jacques Soustelle, nouveau gouverneur général de l’Algérie en remplacement de Roger Léonard, entreprend de regagner la confiance des populations et de renouer le dialogue avec les élites locales. L’état d’urgence est institué par la loi du 3 avril 1955[6] : d’une part, il renforce les pouvoirs de police des autorités civiles sur la circulation des personnes, les réunions et la presse ; d’autre part, il transfère des pouvoirs juridiques en matière de crimes et de délits à l’autorité militaire. L’effort de l’armée est orienté vers le renseignement et l’adaptation des unités combattantes à la contre-guérilla et au terrain algérien. C’est dans ce sens que va le général Lorillot, qui remplace le général Cherrière au commandement interarmées en Algérie en juillet 1955.

La véritable radicalisation de la guerre intervient à la suite des journées d’émeutes des 20 et 21 août 1955 dans la région de Philippeville.

Les photographes et caméramans du service cinématographique des armées (SCA) en Algérie sont présents pour saisir les premiers instants de l’insurrection ainsi que les opérations militaires menées à partir de novembre 1954. Très vite toutefois, les moyens du SCA se révèlent inadaptés pour couvrir le conflit naissant. Le photographe Bernard Pascucci et le caméraman Guy Chouler sont alors dépêchés sur place le 5 août 1955. Tous deux sont « envoyés par la Défense Nationale pour [effectuer des] reportages photo et cinéma dans les zones opérationnelles »[7]. Les fonds de l’ECPAD sont riches de ces reportages opérationnels sur la première année de guerre ainsi que sur les personnalités politiques ou militaires qui ont marqué cette période. On dénombre ainsi dans les collections dix reportages photographiques pour la période allant du 1er novembre au 31 décembre 1954, et quatre-vingt-neuf pour toute l’année 1955.

Pour faire face à la recrudescence du terrorisme et à l’extension géographique de la rébellion, la France met en œuvre des moyens humains et matériels accrus pendant l’année 1956. L’effectif du contingent passe de deux cent mille hommes au début de l’année à quatre cent mille dès le mois de juillet[8]. Entre-temps, les pouvoirs spéciaux accordent au gouvernement les compétences les plus étendues pour le rétablissement de l’ordre, la durée du service militaire est allongée et l’armée assume l’essentiel de l’encadrement de la population par le biais des sections administratives spécialisées (SAS) et de l’assistance médicale gratuite (AMG). Le SCA d’Alger est lui aussi réformé la même année : il reçoit du matériel et du personnel transféré de la section d’Allemagne[9] pour faire face à la demande croissante d’actualités[10].

[1] Le nombre exact est inconnu dans les sources consultées (voir bibliographie).

[2] Villatoux (Marie-Catherine), Villatoux (Paul). La République et son armée face au « péril subversif » : guerre et action psychologiques en France (1945-1960). Paris : Les Indes savantes, 2005, p. 332.

[3] Clayton (Anthony), Histoire de l’armée française en Afrique (1830-1962). Paris : Albin Michel, 1994, p. 218.

[4] Villatoux (Marie-Catherine), Villatoux (Paul), op. cit., p. 336.

[5] Statistiques du Corps d’armée de Constantine sur la rébellion du 1er novembre 1954 au 30 novembre 1955, SHAT, 1 H 1600 / D1 cité par Pervillé (Guy), Pour une histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962). Paris : Picard, 2002, p. 148.

[6] Loi n°55-385 du 3 avril 1955 instituant un état d’urgence et en déclarant l’application en Algérie.

[7] Journal de marches et des opérations de la section Algérie du SCA, second semestre 1955. Archives SHD/DIMI, 15R 109. Cité par Chominot (Marie). Guerre des images, guerre sans image ? Pratiques et usages de la photographie pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962). Th. de doctorat, histoire, dir. B. Stora. Paris : université Paris-VIII, 2008, p. 181.

[8] Droz (Bernard), Lever (Evelyne), Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962). Paris : Seuil, 1982., p. 95.

[9] Chominot (Marie), op. cit., p. 184-188.

[10] Sur le renforcement des effectifs de la section d’Alger du SCA, le lecteur peut se référer à la thèse de Marie Chominot, op. cit., p. 190-200.

Bibliographie succincte :

Chominot (Marie). Guerre des images, guerre sans image ? Pratiques et usages de la photographie pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962). Th. de doctorat, histoire, dir. B. Stora. Paris : université Paris-VIII, 2008. 1442 p.

Clayton (Anthony), Histoire de l’armée française en Afrique (1830-1962). Paris : Albin Michel, 1994. 550 p.

Denis (Sébastien). Le cinéma et la guerre d’Algérie : la propagande à l’écran (1945-1962). Paris : Nouveau Monde éd., 2009. 467 p.

Droz (Bernard), Lever (Evelyne). Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962). Paris : Seuil, 1982. 383 p.

Hardy (Michel), Lemoine (Hervé), Sarmant (Thierry). Pouvoir politique et autorité militaire en Algérie française : hommes, textes, institutions (1945-1962). Paris : service historique de l’armée de Terre/L’Harmattan, 2002. 399 p.

Pervillé (Guy), Pour une histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962). Paris : Picard, 2002. 356 p.

Villatoux (Marie-Catherine), Villatoux (Paul). La République et son armée face au « péril subversif » : guerre et action psychologiques en France (1945-1960). Paris : Les Indes savantes, 2005. 694 p.