• Camp de concentration du Struthof.
      Au camp de concentration du Struthof tout juste libéré par les forces alliées, des prisonniers montrent comment les cadavres des détenus étaient placés avant d'être brûlés dans le four crématoire.
    • Date : Novembre 1944
    • Lieu : France / Alsace / Bas-Rhin / Struthof
    • Photographe : Vignal Pierre Raoul
    • Origine : SCA - ECPAD
    • Référence : TERRE-10090-R08
    • Camp de concentration du Struthof.
      Four crématoire du camp de concentration du Struthof, tout juste libéré par les forces alliées. Un prisonnier montre comment les cadavres des détenus étaient enfournés.
    • Date : Novembre 1944
    • Lieu : France / Alsace / Bas-Rhin / Struthof
    • Photographe : Vignal Pierre Raoul
    • Origine : SCA - ECPAD
    • Référence : TERRE-10090-R11
    • Camp de concentration du Struthof.
      Un des huit miradors qui entourent le camp de concentration du Struthof.
    • Date : Novembre 1944
    • Lieu : France / Alsace / Bas-Rhin / Struthof
    • Photographe : Vignal Pierre Raoul
    • Origine : SCA - ECPAD
    • Référence : TERRE-10090-R21
    • Camp de concentration du Struthof.
      Le camp de concentration du Struthof, ceint d'une double clôture électrifiée. Sont visibles ici les plates-formes centrales disposées en gradins, reliées les unes aux autres par des escaliers et qui constituaient les places d'appel.
    • Date : Novembre 1944
    • Lieu : France / Alsace / Bas-Rhin / Struthof
    • Photographe : Vignal Pierre Raoul
    • Origine : SCA - ECPAD
    • Référence : TERRE-10090-R29
    • Camp de concentration du Struthof.
      Dans le camp de concentration du Struthof tout juste libéré par les forces alliées, des prisonniers montrent comment ils étaient assujetis aux travaux forcés.
    • Date : Novembre 1944
    • Lieu : France / Alsace / Bas-Rhin / Struthof
    • Photographe : Vignal Pierre Raoul
    • Origine : SCA - ECPAD
    • Référence : TERRE-10090-R44
    • Camp de concentration du Struthof.
      Dortoirs du camp de concentration du Struthof. Les détenus y étaient entassés tête-bêche à deux, trois, parfois quatre par châlit.
    • Date : Novembre 1944
    • Lieu : France / Alsace / Bas-Rhin / Struthof
    • Photographe : Vignal Pierre Raoul
    • Origine : SCA - ECPAD
    • Référence : TERRE-10090-R54

Le camp de concentration de Natzweiler-Struthof où des milliers de déportés ont été exécutés ou bien sont morts d’épuisement à la suite de maladies, de mauvais traitements, de manque de soins, de privations ou de travaux exténuants, est l’unique camp de concentration implanté sur le territoire français, à une cinquantaine de kilomètres de Strasbourg (1). Construit à partir du 21 mai 1941 et prévu initialement pour un effectif d’environ 2000 détenus, le camp a compté jusqu’à 8000 déportés à l’automne 1944. Il fut d’abord occupé par des droits communs allemands, puis par des déportés de différentes nationalités : Polonais, Soviétiques, Néerlandais, Français, Allemands, Norvégiens. C’est le 3 juillet 1943 que le premier transport de déportés français « Nacht und Nebel » (nuit et brouillard) est arrivé au Struthof, suivi de deux autres transports les 12 et 15 juilllet 1943 (2). A partir d’août 1944, au fur et à mesure de l’avance des troupes alliées, les détenus ont été transférés vers le camp de Dachau, puis l’évacuation du camp s’est poursuivie jusqu’au 4 septembre 1944. Lorsque le camp a été libéré le 23 novembre 1944 par les troupes alliées, il était vide.

Le reportage permet d’effectuer une visite du camp, tel qu’il a été découvert, avec quelques scènes reconstituées par des prisonniers. Couvrant une superficie d’environ 4,5 hectares, il est entouré de huit miradors et d’une double clôture électrifiée, à l’intérieur de laquelle ont été édifiés 18 baraquements. Au centre du versant où est implanté le camp se trouvent des plates-formes centrales disposées en gradins et reliées les unes aux autres par des escaliers et qui constituent les places d’appel. De chaque côté, on compte 15 baraques en bois destinées aux déportés, qui comprennent un dortoir, un réfectoire, des lavabos, des toilettes pour 300 personnes. En 1944, ce nombre fut vite dépassé ; les réfectoires servirent alors de dortoirs, et les déportés furent entassés tête-bêche à deux, trois, parfois quatre par châlit, comportant trois étages superposés.

Dans un bâtiment situé dans la partie inférieure du camp a été installé un four crématoire. Les cadavres étaient placés sur un brancard métallique muni de roulettes à l’avant, et introduits dans le four qui était chauffé au coke. Une salle voisine contient des urnes funéraires destinées à recueillir les cendres des détenus allemands incinérés. À côté, on observe un tas de cheveux et de poils de détenus, dont les cadavres étaient systématiquement tondus avant de passer au crématoire (à la libération, il en restait 29 kilos). En avançant un peu plus dans le couloir, on découvre la « partie médicale » du bâtiment. À gauche, il y a une pièce disposant d’un lavabo, qui servait de bureau aux médecins nazis. En face se trouvait leur secrétariat et dans le fond à droite, la « chambre des cobayes ». Tout au fond du couloir se trouve la salle d’autopsie où les médecins SS disséquaient les cadavres qui leur semblaient intéressants.

Les détenus étaient assujettis au travail forcé : une scène reconstituée montre les déportés affectés à l’extraction des blocs de granit, au-dessus du camp, qu’ils devaient transporter à l’aide d’une brouette jusqu’à un ravin dit de la mort.

NOTE : (1) Struthof est le nom d’un lieu-dit situé près du village alsacien de Natzwiller (en allemand Natzweiler), à 800 mètres d’altitude dans un site montagnard et forestier.

(2) La Fondation pour la Mémoire de la Déportation a recensé dans son Livre-Mémorial 3000 déportés partis de France à destination du camp du Struthof, dont 1331 déportés NN, auxquels il faut ajouter les 1464 déportés originaires des trois départements d’Alsace-Moselle, annexés par le IIIe Reich. Au total, on estime à environ 47000 le nombre des déportés qui ont été internés au camp du Struthof et dans ses 18 Kommandos disséminés en Alsace et dans le Bade-Wurtemberg, de l’autre côté du Rhin, appartenent à 25 nationalités ; 11000 d’entre eux y sont morts, victimes des sévices infligés par les Nazis.

Voir sur le sujet le reportage référencé Terre 362.